Slamtribu Reims
ligue slam de france


LE SLAM : TOUTE UNE HISTOIRE

ORIGINE

Le slam de poésie naît au « Green Mill Lounge Â» en juillet 1987, un club de jazz d’un quartier défavorisé de Chicago (et ancienne retraite d’Al Capone). Le propriétaire Dave Jemilio  permet à Marc Smith, meneur de la troupe de poètes le« Chicago Poetry Ensemble Â»,  de mettre en place une scène hebdomadaire dominicale qui prendra le nom ironique de « Uptown Poetry Slam Â», le tournoi de poésie des beaux quartiers.
L’idée de Smith est d’organiser un concours ouvert à tous en fin de soirée.
Malgré la réticence de son acolyte David Cooper qui ne voyait pas les gens « combattre Â» pour de la poésie, la formule prend, la compétition capte l’attention et pose un silence d’écoute en même temps que le principe de juges non professionnels pris au hasard dans le public encourage l’interaction entre « les émetteurs Â» et « les récepteurs Â».
L’engouement est général et une audience toujours plus nombreuse se précipite, curieuse de voir qui va remporter le slam (chelem) de la semaine.

A ce moment  débute une expérience poétique collective et participative, où les styles littéraires les plus différents se côtoient, où une liberté d'opinion absolue est garantie et où,  les spectateurs,  devenant  membres du jury, ont un impact croissant sur la qualité des textes et des performances.

Partant cependant toujours du principe que « c’est toujours le meilleur poète qui perd à la fin Â», l’auditeur n’est pas floué car en lui avouant de prime abord la théâtralité de la compétition et de sa mise en scène, il est dans la confidence, lui faisant comprendre que sa subjectivité fait à part entière partie du jeu .
Réaffirmant  l’attractivité des mots et leur musicalité ainsi que l’importance que revêt la signification de chacun, le slam de poésie (re)fait du poète, plus qu’un  contemplateur , un agitateur qui diffuse à travers ses interventions un regard sur la société (renouant ainsi avec l’étymologie du mot « poésie Â» issu du grec ancien poïêsis : « action de faire Â», « création Â»).

Les règles du tournoi de poésie (Poetry Slam) instituées par Marc Smith,

-micro ouvert à tous sans aucune forme de discrimination
-3 minutes de temps de parole
-1 poème par passage sans musique ni costume ni accessoire
-un jury populaire de 5 personnes pris au hasard dans le public pour noter les performances
-une finale offrant un deuxième passage aux poètes totalisant les plus forts scores ont posé, au-delà de simples règles, des valeurs d’égalité, d’ouverture, de respect, de partage, d’interactivité et de liberté d’expression et d’opinion qu’elles soient celles des poètes ou du public. 

Ainsi « l’idée du slam n’est pas de créer des stars, ni même de glorifier le poète, mais de servir la communauté Â». (Wendell Berry)

CHICAGO, ET APRES ?

Fin des années 80, l’anticonformiste poète performeur Bob Holman entend parler du phénomène alors bien ancré à Chicago, et importe le concept à New York City. Là, il s'est rapidement imposé dans le "Nuyorican Poets Cafe Â» et plus tard dans le« Bowery Poetry Club Â». Nex York devient alors la seconde capitale polarisant l’attention.
Holman définit sa nouvelle découverte dans toute sa complexité, tel : « un spectacle, un cadre pour les poèmes, un genre qui mord sur une culture établie, une satire du jeu capable de créer la même frénésie qu’un grand événement sportif Â».

C‘est sur cette dernière idée que le premier Slam de Poésie National des Etats-Unis a  lieu à San Francisco en 1990, présenté par Gary Mex Glazner. Il s'agissait d'une équipe de San Francisco en compétition avec une équipe de Chicago et une personne de New York. Chicago a remporté ce premier « National Poetry Slam Â». Depuis il a lieu tous les étés dans une ville différente des USA. Jusqu’à 80 équipes de 3 à 5 poètes s’y rencontrent pendant 5 jours de festival.
Depuis 2006 le slam individuel a été séparé du slam national par équipe, c’est devenu un événement à part entière appelé  « Individual World Poetry Slam Â». Accueillant des poètes du monde entier  il a lieu tous les ans en février pendant trois jours.

DES ETATS-UNIS A L’ALLEMAGNE

1993, plusieurs poètes américains cherchent, dans leur nouvelle patrie adoptive de Berlin, un lieu où ils pourraient organiser des slams hebdomadaires. Le Club Underground "Ex & Pop", alors point de rencontre de nombreux musiciens et cinéastes, offre la scène parfaite. C’est là qu’ils créent en collaboration avec le poète Wolf Hogekamp  le premier slam de poésie allemand.
Peu à peu la formule commence à s’imposer, permettant la mise en place du 1er Slam National d’ Allemagne en 1997. C’est un  jeune rappeur Bastian Böttcher qui en sort vainqueur.

EN FRANCE

En France, l’apparition du « slam Â» est un peu plus tardive même si on évoque dès 1995 la réunion d’un noyau dur ( Nada, Joël Baratzer, MC Clean, Pilote le Hot ) mêlant poètes, performeurs et rappeurs dans un bar de Pigalle, le Club Club.
Les règles et même le terme « slam Â» n’étant pas encore connus des pratiquants, le cadre se cherche encore dans des expérimentations sur fonds musicaux la plupart du temps, ou sous la forme de simples scènes ouvertes poétiques.
En 1998, l’exposition médiatique du film « Slam Â» de Marc Levin coïncide avec la découverte du mouvement dans l’hexagone et plus particulièrement dans la capitale où se créé un premier cercle d’initiés. Suite à la fermeture du Club Club, ce n’est plus un lieu qui unit les « activistes Â» mais bien une nouvelle forme artistique qui constitue un nouveau terrain de jeu pour partager leurs textes en public. Le plus actif du noyau du début, Pilote le Hot est le premier à mettre sur pied des « scènes slam Â» dans l’est parisien.

Le mouvement slam se développe donc en France sous la forme originelle des tournois mais également sous la forme de scène ouvertes (sans tournois).

Courant 2000, l’exposition du mouvement slam se limite principalement à Paris et à sa banlieue.
Néanmoins, prenant appui sur un tissu associatif local, le modèle parisien n’a pas eu de mal à se délocaliser rapidement à la province dans des villes culturellement dynamiques ( Reims, Nantes, Lille, Rennes, Tours, Poitiers… ).
A partir de 2004 d’importantes rencontres slam sont organisées un peu partout en France :
Grand Slam National (Nantes et Bobigny), Slam United (Paris), Bouchazoreill’Slam (Paris), Nuit du Slam (Reims, Creil, Lyon et Dijon), Slam Fever  (Rennes), Slam l’homme Géant (Lyon), Slam So What (Paris), Slam N’ Co (Nantes), Super Slam (Tours), Grand Slam de Panam (Paris),  Festival Paroles           (Colmar, Sélestat, Ostwald et Mulhouse), Le Mans cité Chanson (Le Mans) etc…
En 2006 le premier album spoken word de Gand Corps Malade, slameur plusieurs fois vainqueur des tournois Bouchazoreill’slam, porte un coup de projecteur supplémentaire au mouvement français en continuelle expansion.
On compte aujourd’hui de nombreux collectifs et  associations qui dans toute la France font vivre les valeurs du Slam.

En 2009 se constitue La Ligue Slam de France sous l’impulsion de différentes associations françaises qui souhaitent resserrer les liens entre tous les acteurs du slam français.

LE MONDE ENTIER

Aujourd'hui, il y a plusieurs centaines de Slam organisés chaque mois partout dans le monde. En Amérique, en Europe, mais aussi en Afrique du nord et du Sud, en  Asie, en Australie, au Japon et comme Marc Smith aime volontiers compléter : "même au Pôle Sud!"

 

slam
Accueil Slam ? Charte Adhésion Annuaire Photos Partenaires Presse Contact Liens